Le média de la transformation digitale

Twitter, encore sous exploité par les assureurs

Dans le monde de l’assurance et de la banque, le nombre d’utilisateurs actifs de Twitter s’envole. Du 8 mai au 9 juillet 2014, Alban Jarry, expert en assurance et réseaux sociaux, a publié sur son blog 50 portraits de twittos. Il les a réunis dans un Livre Blanc intitulé « Twitter conté par 50 personnalités de la Banque, Finance, Assurance ». Entretien avec cet influenceur qui a gagné plus de 6000 followers, publié plus de 10 000 tweets en un an et demi et dont Livre Blanc a été vu plus de 18 000 fois.

Vous dites que vous êtes étonné des réponses positives reçues à vos demandes de questionnaires. Comment expliquez-vous que le monde de la banque et de l’assurance, plutôt fermé, se soit ouvert sur leur usage de Twitter
Sur les réseaux sociaux, les mondes de la banque et de l’assurance n’ont pas les mêmes comportements actuellement. Dans l’assurance, de grands dirigeants sont présents sur les réseaux sociaux et il est possible d’entrer en contact directement avec eux, soit par LinkedIn soit par Twitter, ils sont probablement plus ouverts aujourd’hui pour la mise en relation professionnelle. Je pense que cela est dû au fait que la monde de l’assurance a lancé sa révolution numérique et cherche dans les nouvelles technologies (Big Data, réseaux sociaux, …) des relais de croissance pour toucher de nouvelles cibles de clientèle.
Il a été plus compliqué d’entrer en contact avec des dirigeants de la banque, car ils sont très peu nombreux sur Twitter. Pourtant de grands groupes bancaires ne cessent d’innover et de chercher des relais de croissance pour leurs marques. Leurs dirigeants deviendront probablement très vite des Twittos actifs à l’exemple de ce qui se pratique en assurance

Est-ce que la transformation digitale de ces secteurs les pousse à s’ouvrir davantage aux réseaux sociaux, dont Twitter ?
La croissance exponentielle de la présence des réseaux sociaux dans l’univers professionnel de la banque finance, ces derniers mois, permet de penser que la situation va évoluer. Surtout quand je lis la tribune dans les Echos, à laquelle a participé Jacques Richier, Président-directeur général d’Allianz France, lors du dernier Medef (« Pourquoi les patrons français doivent être présents sur Twitter ») ou l’article de Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas, dans le Figaro (« BNP Paribas sera dirigé par des managers numériques ») où il dit « Il faut être conscient que les femmes et les hommes qui appartiennent à ces communautés, qui travaillent en réseau, sont ceux qui nous remplaceront. Une nouvelle génération de managers numériques dirigera l’entreprise d’ici à une quinzaine d’années. »
Je ne crois pas que le monde de la banque assurance soit fermé à ces nouveaux médias, la finance française est l’un des principaux secteurs de croissance de LinkedIn et le développement des réseaux, et pas uniquement sociaux, s’inspire de plus en plus des méthodes anglo-saxonnes plus directes. Le personal branding arrive en force. Par exemple, 378 personnes souhaitent être mentionnées dans le Livre Blanc à paraitre fin novembre sur l’utilisation de Linkedin (pour 735 réponses) … il y a un an pour la précédente étude ils étaient 39 à vouloir être cités (pour 139 réponses) … que peut-on ajouter de plus ?

Quelles sont les grandes tendances que vous retenez dans l’utilisation de twitter par les 50 personnalités interrogées ?
La diversité des profils et des utilisations ! Tous ont des comportements différents et un positionnement qui leur est propre. En choisissant des personnalités aux profils très variés : dirigeants, journalistes, experts, communicants, je cherchais une diversité pour montrer qu’il n’y avait pas de méthode unique. Twitter est riche de cette diversité de comportements. A partir de ces 50 portraits, je voulais essayer de montrer des profils qui ne sont pas forcément interrogés sur cette thématique habituellement. Twitter est un relai de leurs métiers et de leurs expertises et permet aussi de parler de points de vue plus personnels. L’instantanéité de son contenu est prodigieuse. Certains sont plus ou moins actifs, présents depuis plus ou moins longtemps, … tous découvrent toujours chaque jour cet univers et en cherchent les limites.
Je constate surtout, que même si le nombre d’abonnés augmente de manière exponentielle, l’utilisation n’est pas encore massive et ce sont davantage des individus qui s’expriment, plus que les marques elles-mêmes, dans l’assurance et la banque. Chacun cherche encore sa voix, tâtonne, découvre. Il ne s’agit pas d’une démarche organisée par les entreprises.
Par ailleurs, l’écart entre le nombre de clients réels et le nombre d’abonnés sur les réseaux sociaux, sur Twitter en particulier, des assureurs, montre le potentiel de communication à exploiter.

Vous parlez de l’entreprise 3.0 comme celle qui changera son logiciel interne, qui modifiera ses rapports avec les salariés, son management, son organisation. En quoi l’utilisation de Twitter change t-elle la donne ?
La révolution est à venir. Quand je vois certains produits et idées qui existent déjà ou arrivent, je pense que nous ne sommes qu’aux prémices d’une nouvelle forme de relation employeur/employé, client/fournisseur. Comment gérer la propriété des carnets d’adresse LinkedIn ? Comment interagir avec les employés pour démultiplier la marque entreprise ? Comment inciter les clients et prospects à acheter les produits ? Qui seront les leaders de demain ? Les 5 prochaines années vont marquer un nouveau tournant et les innovations ne vont cesser d’arriver. Ce sera passionnant et, dès à présent, il est possible de bâtir les fondations de ce nouvel univers.
L’entreprise 3.0 sera numérique dans sa globalité et ses frontières vont être bouleversées. Aujourd’hui, il est déjà possible pour un expert d’entrer en contact avec n’importe quel autre expert partout dans le monde. Partager l’information non confidentielle devient source de développement et d’avantage concurrentiel. J’utilise souvent le terme « mine d’or » pour définir Twitter. Il devient primordial de savoir l’exploiter.

Comment les personnalités interrogées gèrent t-elles la cohérence entre leur compte personnel et l’image de la marque pour laquelle elles travaillent ?
En fonction des profils, l’approche est très différente. Des dirigeants vont forcément être associés à la marque de l’entreprise qu’ils dirigent. C’est un win-win d’images de marques. Pour les salariés, le positionnement peut être plus compliqué. Certains mentionnent le nom de l’entreprise pour laquelle ils travaillent dans leur profil, d’autres non. Malgré ces précautions, il est souvent facile de faire l’association. Tous cherchent un équilibre entre leur vie privée et leur vie professionnelle.

Et vous, comment définiriez-vous Twitter ?
La plus fantastique source de connaissances moderne où tout le contenu est accessible en un minimum de recherches. Une interactivité permanente et la possibilité de parler avec n’importe quel Twittos partout dans le monde et à chaque instant.

Comment vous décririez-vous en 5 Hashtags ?
#Partage #Découverte #Innovation #Oser #Communication

Interview réalisée par Laure Kepes

Pour lire le Livre Blanc

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1 Commentaire

  1. Pingback: Plus de 150 000 vues pour les 2 livres blancs sur le Social Media : Twitter et LinkedIn (400 000 avec les extraits) – Alban Jarry

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