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Les objets connectés offrent aux assureurs l’opportunité de couvrir de nouveaux risques

Les objets connectés étaient à l’honneur du CES 2015 qui s’est déroulé du 6 au 9 janvier dernier à Las Vegas. Que ce soit dans le domaine de la voiture autonome, de l’habitat ou de la santé, les assureurs se retrouvent face à de nouvelles opportunités. S’ils ne les saisissent pas, ils risquent une désintermédiation qui les condamnerait à rester de simples « utility ».

« Les assureurs étaient absents du CES », lance Arnaud Marcilly, associé de ThinkMarket cabinet de conseil en business management spécialisé dans les domaines de l’innovation, des technologies et du digital. Il s’agit pourtant de la Grand-messe annuelle de l’innovation, sujet au cœur des préoccupations des compagnies d’assurances. Cette année les objets connectés étaient à l’honneur. Les assureurs peuvent-ils faire abstraction de ces produits qui bousculent leur marché ? Ils sont peut-être encore frileux ou en attente d’usages prouvés et plus avancés. Toujours est-il que d’autres acteurs ont déjà placé leurs pions sur l’échiquier des IoT (Internet of Things).  Car les objets connectés ouvrent de nouvelles niches de produits, de nouveaux risques à garantir, et illustrent l’évolution des comportements vers une individualisation renforcée. L’assurance traditionnelle est par ailleurs bousculée par la multipropriété, le glissement progressif de la possession à l’usage, le développement du collaboratif et de la socialisation. Si elle ne trouve pas sa place, elle risque une désintermédiation qui la relèguerait au bout de la chaîne de valeur et les condamnerait à rester un « utility ». Les acteurs concurrents sont nombreux et puissants : les constructeurs automobiles et immobiliers, les géants du web ou les purs players qui se positionnent en intermédiaires entre l’assureur et le client final, à l’image d’Airbnb ou de Uber.

L’enjeu de la donnée au cœur de la relation client
Dans tous les secteurs, l’exploitation des données représente l’enjeu majeur pour conserver la maîtrise de la relation client.  « Au Etats-Unis, la connaissance client et la restitution des données collectées par les objets connectés sont au cœur des tendances dans le domaine des assurances voiture », remarque Arnaud Marcilly. Agnik, qui dispose d’un data center et qui analyse les données issues de capteurs, a ainsi signé des partenariats avec 19 compagnies américaines dont Progressive, The Hartford, Metlife, Kemper. Quant à l’habitation, en proposant des solutions d’agrégation recoupant l’intégralité des données fournies par la maison « intelligente », les constructeurs laissent entrevoir un énorme potentiel de connaissance client comportementale. De son côté, le Groupe La Poste, avec sa filiale Docapost, propose un « hub numérique » qui pilote tous les objets connectés de la maison. Face à ce phénomène, les questions pour les assureurs sont nombreuses : Quels standards ? Quelle propriété des données collectées ? Quelle exploitation de ces données par des tiers ? Quelle exploitation de la valeur d’usage (services, nouveaux business models, …) ? Par ailleurs, les assureurs devront trouver leur place face aux géants tels que Google, Samsung ou Apple qui se positionnent comme détenteurs des données passant par leurs plateformes.

Vers de nouveaux services
Aujourd’hui, nous sommes passés de la valeur « objet » à la valeur « usage ». Ce qui compte, ce n’est plus la voiture que l’on possède, mais les services qu’elle rend durant la mobilité. Or, les constructeurs automobiles se positionnent sur des fonctions d’infotainment et d’aide à la conduite, de diagnostic, de service ou d’entretien et sont ainsi en train de modifier leur business model. Hundai propose, par exemple, une réalité augmentée dans les pare-brise pour une assistance à la conduite en temps réel. La voiture sans conducteur ouvre donc la possibilité de nouvelles formes d’assurances pour de nouveaux risques. Elle pose en effet de nouvelles questions : Quel pricing entre les véhicules autonomes ou non ? Quels risques juridiques, quelles responsabilités et comment les établir ? Comment assurer les nouveaux usages et notamment la transition entre la voiture avec et sans conducteur ? « L’enjeu pour les assureurs est de proposer une vraie palette de services au conducteurs, mais aussi au passager. Avec le pay how you drive, qui a supplanté le pay as you drive, les assureurs ne peuvent se contenter de proposer aux clients une réduction de prime en fonction du comportement », souligne Arnaud Marcilly. En se positionnant sur le véhicule connecté, les constructeurs font plus que remonter dans la chaine de la valeur : ils renforcent leur relation avec le consommateur tout en gardant la main mise sur les données véhicule et utilisateur. Aux assureurs d’innover pour imaginer de nouvelles offres adaptées aux nouveaux usages.

Détecter les opportunités de création de valeur : l’exemple de la santé
Pour le moment, « nous assistons à de réelles performances technologiques, mais avec des usages et des business models qui sont étroits : ils sont quasiment tous liés au Quantified Self, avec des objets connectés destinés aux patients et aux médecins », signale Arnoul Dyevre, senior manager chez ThinkMarket. Parmi eux, Stethee est le premier stéthoscope connecté qui permet, entre autres, de surveiller son rythme cardiaque et d’être informé si une anomalie est détectée. VigiPen est une seringue dédiée aux diabétiques et qui communique avec un smartphone et une application spéciale. « Pour le moment, le seul acteur légitime sur la santé, la CNAM, n’est pas encore positionné sur ce sujet. De même les assureurs disposent de données importantes qu’ils n’exploitent pas encore. Il n’y a pas besoin d’attendre une innovation de rupture. Les compagnies d’assurances pourraient créer de la valeur avec ce qu’elles possèdent déjà », insiste Arnoul Dyevre. Encore faut-il identifier une proposition marketing et relationnelle pertinente. Des projets émergent tout de même. Unmanlife est le premier site en France à proposer un service clé en main pour suivre sa santé, son bien-être et celle de toute la famille. Il s’est associé à… l’assureur sud-africain Discovery, précurseur en matière d’e-santé.

Quoi qu’il en soit, les assureurs disposent avec les objets connectés d’une opportunité pour prendre la parole autrement et à d’autres occasions que la signature et le renouvellement d’un contrat ou lors du règlement d’un sinistre. Le digital et la data modifient leur cœur de métier. « La multiplicité des données, dans tous les secteurs, pourrait changer le modèle des assureurs avec une part accrue des actions de prévention et d’anticipation des risques », analyse Arnaud Marcilly avant de conclure : « l’assureur est en position d’innover. Il se doit de le faire s’il ne veut pas être dépasser par d’autres acteurs. »

Laure Kepes

La French Tech à l’honneur du CES 2015 : une opportunité pour les assureurs
170 sociétés françaises étaient présentes sous la marque French Tech internationalement reconnue. On pouvait d’ailleurs lire sur le site de Yahoo que les grands gagnants de cette saison n’étaient ni les objets connectés, ni la voiture autonome, ou les sites de crowdfunding, mais… la France, itself. Elles s’apppellent netatmon, Withings, Parrot, Bewell, Sense, Archos, etc. Ces entreprises ont marqué le CES 2015 de leurs innovations.

« C’est une chance pour les assureurs français. Bâtir des partenariats autour de technologies et use-case innovants est géographiquement simple ! », insiste ThinkMarket. A bon entendeur…

Le CES c’est quoi ?
Le CES, en anglais Consumer Electronics Show, est Le salon international consacré à l’innovation. Il  a lieu en début d’année à Las Vegas. Créé en 1967 à New York autour de la musique et de l’électronique grand public, cette Grand-messe  est devenue l’événement incontournable de la planète High Tech. C’est ici que sont annoncés un océan de nouveautés, de la plus anecdotique à la plus stratégique. « Dans les faits, il est faux de penser y trouver des innovations de rupture chaque année », souligne Think Market. Les connaisseurs préparent le terrain avant d’explorer cet univers éphémère de la haute technologie, snobé par les géants Apple et Google.

Ça pèse combien ?

• 4 jours de show (18 jours de préparation et de désinstallation)

• 3 600 exposants

• 200 000 mètres carrés de surface d’exposition (40 terrains de football)

• 170 000 visiteurs (45 000 non américains)

• 20 000 annonces de nouveaux produits durant le show

• 6 500 médias

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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