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Les constructeurs auto face au défi de la voiture connectée

 

GHB

La Voiture Connectée fait le buzz et fait partie de presque toutes les annonces de constructeurs. Jusqu’ici  le business model des services de Voiture Connectée est basé sur la revente par les constructeurs des services des opérateurs mobiles intégrés dans leurs propres services (navigation, maintenance etc.) Beaucoup d’articles récents ont rendu compte de l’irruption très volontariste des  entreprises de hautes technologies telles que Google ou Apple dans cet univers.

Cependant la mise en œuvre des solutions de Voiture Connectée demeure souvent indécise. En effet les constructeurs automobiles font face à des défis importants. Et toute solution doit s’évaluer par rapport aux critères suivants:

La sécurité des accès télécoms à la voiture : un hacker ne doit pas, par exemple, pouvoir  désactiver les freins du véhicule à distance.

La confidentialité et l’utilisation des données personnelles du conducteur et de la voiture : le constructeur doit pouvoir contrôler l’utilisation des données personnelles, et devrait être en mesure de décider de les monétiser ou non, avec l’accord de l’utilisateur uniquement.

La mise en place d’une relation exclusive à long terme avec le conducteur : elle va permettre  de bâtir l’image de la marque, et donc générer une meilleure fidélité du conducteur à la marque mais également de développer de nouveaux domaines de services connexes

Une couverture géographique continue de l’Europe : l’Europe est tronçonnée en une cinquantaine d’états indépendants et beaucoup plus de réseaux mobiles nationaux. Néanmoins, le service  doit être disponible n’importe où sur le continent , de la même façon et avec la même qualité

La pérennité à long terme des solutions connectées : un véhicule a une durée de vie de l’ordre de 15 ans sur la route. Le constructeur doit se garantir contre l’obsolescence de ses solutions, que ce soit suite à des changements technologiques ou bien à cause des stratégies propres des fournisseurs de télécommunications (abandon de technologies, nouvelles politiques tarifaires etc.)

Le constructeur automobile devra partir de ces critères pour construire une solution de télécommunications pour la voiture connectée.

Aussi, plutôt que partir des business models existants pour les adapter à l’automobile, mieux vaut partir des critères importants pour les constructeurs automobiles afin d’ imaginer un nouveau business model à développer dans l’intérêt des constructeurs automobiles.

Une solution à envisager est la mise en place d’un opérateur mobile virtuel  (MVNO) pan-européen dédié à l’automobile. Compte tenu des spécificités des besoins automobiles, ce MVNO doit avoir son propre cœur de réseau mobile en propre (full MVNO)  et être basé sur la technologie mobile 4G-LTE permettant les débits suffisants pour les services d’infotainment et des délais de latence très courts pour toutes les interactions informatiques. Une telle solution permet de répondre aux préoccupations des constructeurs automobiles mentionnées ci-dessus :

– La sécurité des accès télécoms : un opérateur mobile virtuel dédié à l’automobile avec son propre coeur de réseau permet

* de limiter les communications  avec les véhicules  à un réseau dédié

 * de protéger les communications avec une architecture de cœur de réseau  IP Multimedia Subsystem (IMS), permettant un meilleur contrôle et une meilleure sécurité des communications.

– La confidentialité des données personnelles : renforcée par l’architecture IMS, le trafic est acheminé exclusivement  à travers le cœur de réseau MVNO, sans passer par le cœur de réseau du ou des opérateurs de réseau mobiles hôtes (le full MVNO n’utilise que le réseau d’accès de l’opérateur mobile hôte, notamment les antennes pour connecter les utilisateurs). Ainsi, les données personnelles sont entièrement sous la responsabilité et le contrôle du MVNO automobile.

– La relation exclusive à long terme avec le conducteur: le MVNO automobile est le moyen naturel pour le constructeur automobile d’établir et d’exploiter la relation avec son client, le conducteur, sur le long terme.

– Une couverture géographique continue de l’Europe :

* Grâce à son cœur de réseau en propre, le MVNO produit ses propres services fournis de manière transparente à travers les réseaux d’accès des différents opérateurs mobiles hôtes à travers l’Europe.

* Le full MVNO est capable de se connecter avec plusieurs opérateurs mobiles hôtes dans un même pays pour obtenir la meilleure couverture, encore meilleure  que celle fournie par l’opérateur mobile le plus développé sur le pays.

– La pérennité à long terme des solutions connectées:

* Le full MVNO maîtrise pleinement ses propres cartes SIM,  ne dépend donc pas des opérateurs mobiles tiers.

* Si un opérateur mobile hôte partenaire décide d’arrêter une certaine technologie, le MVNO peut alors établir une nouvelle relation et se connecter à un opérateur hôte alternatif prêt à continuer sur cette technologie, la migration étant sans impact sur les utilisateurs.

* L’architecture IMS rend indépendant le service d’accès ( télécommunication ) des applications. Par conséquent, les mêmes applications seraient disponibles avec la 4G et toute autre technologie telle la 5G (à l’horizon 2025) de façon transparente.

* Le full MVNO est capable de migrer d’un réseau mobile hôte à un autre à tout moment, et est donc en mesure de renégocier les termes économiques de l’opérateur hôte si elles n’apparaissent plus équitables.

Le concept de Full MVNO automobile permet aux constructeurs automobiles de conserver la responsabilité complète pour les services de Voiture Connectée rendus à l’utilisateur de voiture.

Les constructeurs automobiles devront évaluer stratégiquement leur positionnement sur ​​la chaîne de valeur de la prestation de services et le meilleur business model pour eux afin de développer des relations à long terme avec leurs clients, d’assurer de façon hautement sécurisée cette  prestation de services et de générer leur innovation aisément.

 Georges-Harald Bernard

Georges-Harald Bernard a 25 ans d’expérience stratégique et opérationnelle dans le business télécoms/high tech en Europe, notamment en tant que directeur général en France de l’opérateur mobile virtuel Lycamobile, directeur général délégué du groupe Afone, directeur général de l’opérateur SIRIS en France et directeur général pour France Telecom Transpac en Scandinavie et aux Pays-Bas.

Il a également eu un rôle de développeur à l’international pour les groupes Unisource aux Pays-Bas, et TeliaSonera

 

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