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Eric d’Andigné, DGA d’Elcimaï : « Dédramatiser la transformation digitale »

Depuis plus de 20 ans, Elcimaï (@GroupeElcimai)  édite des solutions dédiées aux acteurs de la Banque, de la Finance et de l’Assurance pour les accompagner dans leur mutation. Pour Eric D’Andigné (@ericdandigne), directeur général adjoint, la transformation digitale est avant tout une affaire de stratégie, d’agilité… et de courage. Explications.

EdAndigneQuelle est votre analyse sur l’avancée de la transformation digitale du secteur de l’assurance ?
Je constate une accélération de la prise de conscience de la nécessité de la transformation digitale et de la complexité du phénomène au sein des organisations, car il s’agit aujourd’hui d’une véritable question de survie. Mais si la prise de conscience s’est faite, le passage à l’acte est plus difficile. Les business models n’ont pas vraiment changé. Les acteurs de la santé, les mutuelles notamment, sont confrontés à une concurrence accrue et à un phénomène de concentration très fort. Dans un tel contexte, seuls ceux qui seront agiles et performants pourront survivre. Or, nous sommes face à un problème de maturité du marché évident alors qu’il ne reste pas beaucoup de temps pour prendre le tournant du digital. Ceux qui prennent trop de retard, qu’il soit technologique ou stratégique, n’auront pas les moyens financiers pour se mettre à jour et rester dans la course.

Quels sont les freins que vous rencontrez le plus souvent face aux défis transverses qu’impose le digital ?
Il y a ceux qui imaginent pouvoir agir seuls et tout gérer en interne. Or, les solutions, qui existent demandent à la fois des compétences, des moyens humains et financiers, du temps, autant d’éléments qu’ils n’auront pas pour mettre en place des stratégies agiles et efficaces. Il y a ceux qui se croient plus forts, parfois en raison d’une position dominante, et n’anticipent pas suffisamment le changement ou ne se remettent pas en question. Or, le digital oblige à une réinvention permanente des métiers. Enfin, beaucoup souhaitent agir, mais ne disposent pas des marges de manœuvre suffisantes ou ont pris trop de retard, ce qui implique des investissements financiers très lourds pour s’adapter.

Il existe aussi des freins culturels. J’entends parfois les mêmes réticences que celles qui existaient il y a dix ans lorsque l’on parlait de CRM. La difficulté pour les Directions est de pouvoir mesurer le retour sur investissement de la digitalisation de leur activité, que ce soit en termes d’organisation, de systèmes d’information, de services ou de produits. Plus personne ne s’interroge sur l’utilité d’un CRM performant aujourd’hui. C’est un peu la même chose avec le digital. Les entreprises connaissent des difficultés à valoriser innovation.

Justement, comment modéliser cette digitalisation des entreprises ?
Je milite avant tout pour une vision d’entreprise. Le digital n’est pas une fin, c’est un moyen qui s’intègre dans une stratégie globale. L’enjeu de survie est compris. La vision stratégique est parfois encore à définir. Pour réussir, il faut avant tout des organisations agiles, évolutives et qui disposent des moyens de gérer cette agilité. La Business Intelligence est née pour apporter des réponses aux questions des métiers, tournées vers les usages. Nous devons aller encore plus loin. Les services d’information ne peuvent plus mettre 18 mois à sortir un projet. Les métiers ont besoin de réponses rapides. La question du Time to Market est fondamentale dans un monde digitalisé. Et l’enjeu de l’agilité est la capacité à capter et à exploiter les flux dématérialisés de données, qui s’accélèrent de plus en plus. Le défi est de pouvoir maîtriser les coûts dans un contexte économique où les marges sont de plus en plus étroites. Un des facteurs de différenciation entre les acteurs se fera sur la capacité à proposer de nouveaux services à valeur ajoutée et non sur les offres. Et c’est la gestion des flux à de fins d’innovation qui permet de valoriser la donnée et donc d’offrir des prestations meilleures.

Cela demande-t-il des moyens et des investissements importants ?
Il faut dédramatiser la transformation digitale. Des solutions existent qui n’impliquent pas des projets fleuves, ruineux et qui vont révolutionner l’ensemble des organisations. Il faut surtout un peu de courage.

Que proposez-vous concrètement ?
Elcimaï depuis plus de 20 ans des solutions et des services aux professionnels de la Banque, de la Finance et de l’Assurance. Nos solutions sont dédiées à des acteurs en mutation. Elles sont donc adaptables au contexte de l’entreprise et leur en mise en œuvre est rapide. Nous avons travaillé avec le groupe AGEO, courtier spécialisé dans la prévoyance, la santé et la retraite. La direction avait des difficultés à imaginer la valorisation de l’innovation que nous apportions. Nous avons proposé une solution de gestion des flux de commissionnements. Au lieu de mobiliser 4 personnes sur une semaine, nous leur avons permis de gagner du temps et de mobiliser moins de salariés. Il a fallu un mois et demi pour installer l’outil, sans révolutionner leur organisation. Résultat : cela a débloqué un verrou psychologique qui a ouvert les discussions sur l’ensemble de la gestion des flux d’information. Nous apportons une réponse pragmatique, avec un maître mot : donner des ressources d’agilité. Et pour proposer une solution adaptée aux besoins, aux contraintes des DSI et en phase avec la vision stratégie des entreprises, nous intervenons au plus haut niveau, en lien avec l’ensemble de la chaîne de valeur. Car prédiction et réactivité représentent les clés de la réussite de toute mutation numérique.

Interview réalisée par Laure Kepes

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